mercredi 25 janvier 2012

Un coup de coeur musical : " Les 80 ans de MICHEL LEGRAND " au Théatre du Chatelet.

Une fois n'est pas coutume, permettez moi de rendre hommage à un grand compositeur de musique de films en l'occurrence MICHEL LEGRAND, qui vient de fêter ses 80 ans au Théâtre du Chatelet.



Ce compositeur prolifique qui a signé quelques unes des plus belles mélodies du cinéma français ( les parapluies de Cherbourg, les Demoiselles de Rochefort, Peau d'âne ...) et américain (l'affaire Thomas Crown, les moulins de mon coeur, Yentl, l'été 42 ...) est revenu sur sa carrière en dirigeant avec brio l'orchestre symphonique Pasdeloup.




Ce moment rare restera j'en suis sur dans les mémoires car vous avez su Monsieur Legrand, traduire votre amour viscéral pour la musique ... merci à vous et que dire de plus si ce n'est chapeau l'artiste !




















Exposition : " ALFRED SISLEY (1839-1899) " à Wuppertal en Allemagne.

Dix ans après le musée des beaux arts de Lyon, le musée Von der Heydt à Wuppertal (à 30 minutes de Cologne) consacre à son tour une rétrospective qui fera date à ALFRED SISLEY (1839-1899), l'un des plus grands peintres impressionnistes.




Considéré à juste titre comme l'un des plus grands paysagistes de l'histoire de l'art, cet artiste a su sublimer comme nul autre les paysages d'île de France ... partons dés à présent à sa rencontre !


* LES ANNEES D'INSOUCIANCE ...

Dès les années 1860, ce fils de riches négociants anglais formé dans l'atelier Gleyre (artiste Suisse), part peindre sur le vif les environs de Fontainebleau (Chailly, Marlotte, Milly Courances ...) avec deux jeunes artistes à l'avenir prometteur : Monet et Renoir.

Le conflit Franco-Prussien de 1870 en provoquant la ruine de l'entreprise paternelle, contraint Alfred à vivre de son art et ce à une époque ou sa " peinture novatrice " ne rencontre que peu d'intérêt de la part des collectionneurs.


* UN POÈTE DE L'IMPRESSIONNISME ...

Contraint de déménager fréquemment en raison de difficultés financières récurrentes, l'artiste en profite pour immortaliser avec une sensibilité singulière nombre de villages Franciliens (Marly, Argenteuil, Louveciennes, Bougival, Veneux-Nadon, Sablons ...).

Grâce à ses errances artistiques, il nous reste moult instantanés qui sont autant de morceaux de bravoure ...


. " Une rue à Marly " (1876 - Kunsthalle Mannheim) est venue nous rappeler toute la magie qui fait jour lorsque l'on admire un ciel Sisléen !





. " Le pont de Villeneuve la Garenne " (1872 - M.E.T) et " la Seine à Grenelle " (1881 - Denver Art Museum) nous invitent au même constat ... comment peut-on rester insensible à la beauté de ces ciels moutonneux en perpétuel mouvement !

Si Sisley a su magnifier les ciels changeants de l'île de France, il a aussi su transcrire sur la toile l'hiver avec une maestria inégalée ...
Deux paysages peints à Louveciennes en 1876 " effet de neige " (Arp Museum) et " hiver " Staatsgalerie Stuttgart ... à admirer ci dessous) sont venus nous éblouir en la matière et nous rappeler que le manteau neigeux ne saurait se cantonner au blanc immaculé ... merci Monsieur Sisley !





L'artiste fut en outre à l'image de ses confères impressionnistes, un magicien qui fit chanter les couleurs !

" Été de la Saint Martin - Environs de Moret " (1891 - Villa Ephrussi de Rothschild à St Jean Cap Ferrat) incarne à mes yeux un véritable feu d'artifice de couleurs pastels ... après cela qui peut prétendre que Sisley ne fut pas le Poète de l'impressionnisme !


* Si Moret m'était conté ...

A l'instar de son ami Monet, Sisley posa définitivement ses valises en un lieu qui devait lui offrir une source d'inspiration sans cesse renouvelée : Moret sur Loing.

Ce havre de paix (à seulement 2 heures de train de Paris il y a un siècle) qu'il occupa durant les dix dernières années de son existence lui inspira sa " magnifique série sur l'Église de Moret" ... ses oeuvres qui semblent faire écho aux célèbres Cathédrales de Rouen (de Monet) reviennent à mon esprit avec un plaisir indicible : je vous laisse admirer à votre tour " Eglise de Moret, le Soir " (1894 - Musée du Petit Palais à Paris).




Un Conseil : Partez à votre tour à la rencontre de cet artiste des plus talentueux (que j'affectionne tout particulièrement) car son oeuvre est un véritable enchantement !



dimanche 15 janvier 2012

Un Coup de Coeur : " BRUEGEL, LE MOULIN ET LA CROIX " de Lech Majewski.





Que diriez vous de plonger au coeur d'une toile de PIETER BRUEGEL L'ANCIEN (1525-1569) ?

Le cinéaste Lech Majewski relève ce défi en recréant sous nos yeux la Genèse du " Portement de Croix (chef d'oeuvre de 1564 aujourd'hui au K.H.M à Vienne) ".






L'univers cher au peintre flamand est retranscrit magistralement : une foule de paysans se presse comme si elle allait à un spectacle alors que nous assistons aux dernières heures du Christ ... Au premier plan, la Vierge semble se résigner au sort dévolu à son fils.




En transposant cet épisode Biblique au XVI ème siècle, Bruegel semble nous dire : " Voyez à quelle époque je vis ... des temps obscurs dominés par l'occupation étrangère (les troupes de Philippe II d'Espagne) " !




Seul le décor présent en arrière plan (le Jérusalem flamand à gauche, le rocher surmonté d'un moulin au centre et le Golgotha à droite) semble résister au train de l'histoire qui est en marche ...


Un conseil : si vous etes comme moi amoureux de cet univers Bruegelien, précipitez - vous pour vivre à votre tour cette expérience unique ... sachez toutefois que certaines scènes des plus réalistes peuvent heurter les âmes sensibles !



























































samedi 7 janvier 2012

Exposition : " ROBERT MAPPLETHORPE PAR SOFIA COPPOLA " à la Galerie Taddeus Ropac à Paris.

Pour débuter 2012, je vous invite à découvrir en images l'univers poétique de ROBERT MAPPLETHORPE.
Grâce au concours de Sofia Coppola " véritable commissaire d'exposition " , le grand photographe américain à la réputation sulfureuse, nous apparaît sous un jour différent ...



La trentaine de clichés exposés en plein coeur du marais sublime " les petits riens de l'existence " (enfants saisis sur le vif, adultes posant devant l'objectif du photographe, natures mortes, paysages ... ) et témoigne de l'élégance d'un maître du genre : chapeau l'artiste !




Un Conseil : Pour prolonger ce rendez vous qui prend fin aujourd'hui, je vous invite à découvrir l'un des nombreux ouvrages existant sur Robert Mapplethorpe.





mardi 27 décembre 2011

Exposition : " CHARLIE CHAPLIN, IMAGES D'UN MYTHE " au Palais Lumière à Evian.

Le Palais Lumière à Evian en partenariat avec le Musée de l'Elysée à Lausanne rend un hommage appuyé à l'une des plus grandes figures du 7ème art : CHARLIE CHAPLIN (1889-1977).

* CHARLOT, ROI DU CINÉMA MUET.
De 1914 à 1936, l'acteur d'origine anglaise érige la pantomime en art à part entière en endossant les traits d'un vagabond au grand coeur : " Charlot ".
Ce personnage singulier qui nous plonge dans un univers de rires et de larmes suscita en son temps une véritable " Chaplinmania " : Si Marc Chagall et Fernand Léger immortalisèrent à leur époque les traits du célèbre vagabond sous forme d'illustrations ...

J'ai pu constaté que l'engouement pour " ce héros des temps modernes " était toujours d'actualité ...
Il est en effet impossible de resté insensible au " KID " (1921), véritable petit joyau cinématographique permettant à Charlot de venir en aide à un jeune orphelin ( un moment d'anthologie ! ).
De la même manière, je fais parti de ceux qui sont toujours émerveillés à la vue des " TEMPS MODERNES " (1936) ; Charlie Chaplin a su assigné une véritable dimension sociale au personnage qu'il a créé 20 ans plus tôt et lui permettre de rester à jamais dans l'imaginaire collectif : ce chant du cygne était assurément du grand art !


* UN ARTISTE ENGAGE AVEC L'AVÈNEMENT DU CINÉMA PARLANT.
En pleine seconde Guerre Mondiale, l'acteur réalise son 1er film parlant " LE DICTATEUR " (1940) ... il s'apparente alors à un pionnier désirant délivrer une oeuvre engagée contre le Nazisme !




Victime dans les années qui suivent d'une véritable chasse aux sorcières aux USA, il quitte son pays d'adoption en 1952 et réalise depuis Londres (en 1957 ) " UN ROI A NEW YORK " , film qui lui permet de régler ses comptes avec l'oncle Sam !



Retiré par la suite dans son " exil Suisse " , cette légende du XXème siècle a laissé pour la postérité quelques 80 films que vous invite à revoir au plus vite (ils n'ont pas pris une ride ! ).

UN CONSEIL : Profitez de ces fêtes de fin d'année pour venir faire un petit tour du coté du Lac Léman ... une occasion rêvée pour (Re)-découvrir un artiste hors du commun qui avait plus d'un violon d'Ingres (Acteur/Scénariste/Réalisateur/Producteur et même Compositeur de musique ! ) .

mardi 20 décembre 2011

Exposition : " MATISSE, CEZANNE, PICASSO ... L'AVENTURE DES STEIN " au Grand Palais.

Au début du XXème siècle, une riche famille juive américaine va s'installer à Paris et contribuer comme nulle autre à promouvoir l'art de son temps ... découvrez à votre tour " L'AVENTURE DES STEIN ".

Si l'histoire n'a retenu que le nom de Gertrude Stein " Marraine des artistes du Paris Bohème " , l'exposition du Grand Palais tend à rétablir la réalité en nous faisant découvrir les apports respectifs de chacun des membres de cette fratrie !


* LEO STEIN : UN DÉCOUVREUR DE TALENT A L'ORIGINE DE LA COLLECTION FAMILIALE.
Parti en 1895 faire un tour du monde devant lui permettre d'admirer les maîtres de la Renaissance Italienne, cet esthète et fin lettré découvre contre toute attente " le Paris des Avant-Gardes ".
Cette révélation va l'amener à se constituer une collection de tout premier ordre ou figure quatre grands noms de l'art moderne (Cézanne, Manet, Degas et Renoir) mais aussi quelques troublions à l'avenir prometteur (Matisse, Picasso, Bonnard).
Lorsque ces artistes deviendront inaccessibles en raison de l'envolée de leur cote, l'amateur éclairé saura " échanger des toiles " avec ses frère et soeur afin de valoriser ce qu'il a de plus cher en l'occurrence ses " Renoir ".

Certains de ces chefs- d'oeuvre qui ont retrouvé leur terre d'origine (à l'occasion de cette exposition exceptionnelle) m'ont plu particulièrement ému ...

. MATISSE : " femme au chapeau " (1905 - Musée d'art moderne de San Francisco) ... cette oeuvre emblématique du fauvisme continue d'incarner un véritable feu d'artifice pictural que vous pouvez admirer au commencement de cet article.
Une seconde oeuvre de Matisse fit la fierté de Léo " nu bleu - souvenir de Biskra " (1907 - The Baltimore Museum of Art) ... cette odalisque qui suscita le scandale en son temps continue d'émerveiller les amoureux de l'art !

. BONNARD : " la sieste " (1900 - National Gallery of Victoria, Melbourne).
Cette sublime incarnation de la sensualité n'est pas s'en rappeler les Vénus du Titien !


. PICASSO : " meneur de cheval nu " (1905/1906 - Museum of Modern Art, New York).
Ce joyau de la période rose révèle l'intemporalité du sujet ... l'homme et l'animal, une histoire héritée de la nuit des temps !





* SARAH et MICHAEL STEIN : UNE PASSION EXCLUSIVE POUR MATISSE.


Ce couple d'amateur d'estampes japonaises découvrit à son tour Paname et se prit dès 1907 d'une passion sans égal pour l'oeuvre de Matisse. Le maître du Cateau Cambrésis devint un de leurs amis (il fit entre autre leurs portraits en 1916 - aujourd'hui au Musée d'art Moderne de San Francisco ... voir en photo ci dessous) et les aida à parfaire leur apprentissage de la peinture dans le cadre de l'académie qu'il créa.





Si la 1ère Guerre Mondiale provoqua la dislocation de leur collection, " ces premiers Matissiens " continuèrent à échanger une correspondance des plus fructueuses avec le maître et ce jusqu'à la fin de ses jours.



Permettez-moi de partager avec vous quelques morceaux choisis parmi cet " écrin Matissien "...


. " buffet et table " (1899 - Zurich, Kunshaus) ... un pur bonheur de facture pointilliste !


. " le pont Saint Michel " (1901/1902 - Isabelle et Scott Black Collection, Boston) ... un moment de grâce qui nous rappelle oh combien Paris fut une source d'inspiration.


. " le serf " (1900/1903 - Bronze à la cire perdue du musée Matisse au Cateau Cambrésis) ... ce corps robuste qui semble s'enraciner dans la terre nous invite au questionnement : sublime !


. " la baie de Nice " (1918 - Collection Particulière) ... une oeuvre lumineuse ou explose le génie du maître.



* GERTRUDE STEIN : UN ÉCRIVAIN DÉFENSEUR DE PICASSO.


Cette femme de lettres s'illustra en tant que rare défenseur de la période pré-cubiste de Picasso. L'amité entre ces deux fortes personnalités remonte à 1906, époque ou le jeune artiste Catalan immortalise (à l'issue d'une centaine de séances de pose) celle qui contribuera par ses écrits à créer le mythe Picasso.


Cette oeuvre majeure que vous pouvez admirez à la suite (aujourd'hui au MET à New York) s'inspire du célèbre " portrait de Mme Cézanne à l'éventail " (1878/1888 - fondation Buhrle, Zurich) détenue à l'époque par la femme de Lettres ... Gertrude semble être parvenue à ses fins : démontrer que Pablo n'est rien de moins qu'un nouveau Cézanne !



Après l'envolée du prix des oeuvres de son ami Picasso, Gertrude s'érige en véritable protectrice des arts en soutenant d'autres jeunes artistes à l'avenir prometteur (Juan Gris, André Masson, Francis Picabia, Balthus).


UN CONSEIL : Précipitez-vous (et ce avant le 16 janvier 2012) pour découvrir cette exposition événement ... une occasion " unique " de vous replonger dans l'univers de cette grande famille de serviteurs de l'art !























lundi 5 décembre 2011

Exposition : " EDVARD MUNCH, L'Oeil Moderne " au Centre Pompidou.

Pour la seconde fois en quelques mois , Paris célèbre EDVARD MUNCH (1863-1944), figure emblématique de l'histoire de l'art.
Le Centre Pompidou prend le relais de la Pinacothèque de Paris en nous proposant une confrontation qui vise à nous faire découvrir ce maître de la peinture sous un jour nouveau : un artiste ancré dans son époque " le XXème siècle ".


Edvard Munch ne fut pas qu'un artiste tourmenté en proie a des angoisses intérieures, il sut aussi (et c'est là tout le mérite de ce rendez-vous parisien ! ) s'intéresser aux grandes évolutions socio-culturelles du XXème siècle (apparition du cinéma, développement de la photographie, émergence de la classe ouvrière ...) afin de nourrir son art pour nous livrer une oeuvre résolument moderne.




* Munch s'inspira du 7 ème art pour créer des " oeuvres dynamiques ".




En réalisant " les travailleurs rentrant chez eux " (1913-1914, musée Munch à Oslo), l'artiste rendait hommage aux Frères Lumière, auteurs de la sortie d'usine en 1895.




* L'artiste pratiqua aussi comme d'autres confrères (Bonnard, Vuillard, Muncha ...) la photographie en amateur afin de promouvoir un genre en l'occurrence l'autoportrait : " la 1ère illustration qui le représente dans le jardin du Dr Max Linde " répond à un idéal littéraire Norvégien ayant comme précepte Écris ta vie !
L'artiste ne se contenta pas de s'immortaliser sur la pellicule, il prit maintes fois le pinceau pour figer les outrages du temps car il aimait l'idée de pouvoir se regarder vieillir ... sur la toile !

. " Autoportrait à la clinique " (1909 - Collection Rasmus Meyer, Bergen Kunstmuseum, Norvège) ... l'artiste recourt à l'art comme thérapie face à la dépression : voir ci dessous !




. " Autoportrait entre l'horloge et le lit " (1940-1943, Musée Munch à Oslo) : En se représentant entre une horloge sans aiguille et un lit, l'artiste semblait nous signifier que son existence touchait à sa fin : une oeuvre prophétique puisqu'il ne lui restait plus que quelques mois à vivre !






* Le peintre Norvégien nourrissait par ailleurs une fascination pour " le rayonnement sous toutes ses formes " ... aussi Edvard Munch s'attacha à retranscrire la lumière du soleil d'une manière singulière.




. " Le soleil " (1910-1913, Musée Munch à Oslo) ... le maître norvégien parvient à faire irradier l'astre de manière à nous le rendre quasi palpable !







. " Nuit étoilée " (1922-1924, musée Munch) ... un sujet cher à Van Gogh revisité par un maître de l'étrange poète à ses heures !













* Munch fut enfin " le peintre des séries ".




A l'image de Monet , Edvard Munch répéta à l'envie des sujets qui lui étaient chers ... " le baiser ", " vampire ", " puberté ", " l'enfant malade "( dont vous pouvez admirer une version à la suite), " jeunes filles sur le pont " , " les solitaires " semblent s'apparenter à une volonté : créer une marque de fabrique Edvard Munch.








Un conseil : Ne ratez pas ce magnifique rendez-vous qui saura vous surprendre à bien des égards ... vous avez jusqu'au 9 janvier 2012 !