vendredi 10 mai 2013

Exposition : " LE ROI ET L'ARTISTE, FRANCOIS Ier ET ROSSO FIORENTINO " au Château de Fontainebleau.


 Le roi François 1er, féru d'art Italien, souhaita importer à la fin de son règne la Renaissance afin d'embellir sa demeure préférée : le Palais de Fontainebleau.

 Si Michel Ange et Jules Romain refusèrent d'entrer à son service, Giovan Battista di Jacopo (1494 - 1540) surnommé ROSSO FIORENTINO (le Florentin Roux) répondit favorablement en laissant une empreinte indélébile d'où le propos de cette exposition : " Le Roi et l'artiste, François 1er et Rosso Fiorentino ".


 Rosso Fiorentino consacra les dix dernières années de son existence à transformer le château médiéval en véritable joyau de la Renaissance.
L'artiste créa à cette occasion plusieurs grands décors dont le plus prestigieux a survécu aux outrages du temps : la galerie François 1er.




Ce corridor agrémenté de lambris sculptés, de fresques et de stucs (voir illustrations) constitua une véritable " révolution artistique " ... pour la première fois en Europe, un décor d'une originalité inégalée servait la gloire d'un Monarque (l'artiste va jusqu'à représenter un éléphant, symbole de grandeur et de puissance ... Royale !
 ).


 En prolongeant notre visite dans la salle de la grande cheminée, nous percevons que les innovations du Rosso devaient faire école ...





UN CONSEIL : Partez à la rencontre de ces deux destins avant le 24 juin et profitez de cette occasion pour découvrir cette demeure qui fut habitée pendant 8 siècles (un cas unique ! ) par les Monarques Français.

mercredi 1 mai 2013

Exposition : " ANTOINE WATTEAU (1684 - 1721), LA LECON DE MUSIQUE " au Bozar à Bruxelles.




 Le BOZAR à Bruxelles nous convie à un rendez-vous exceptionnel jusqu'au 12 mai 2013 en nous immergeant dans l'univers enchanteur d'Antoine Watteau (1684-1721).



L'inventeur du genre des fêtes galantes au début du XVIII ème siècle est redécouvert dans toute sa singularité grâce au talent du chef d'orchestre, William Christie.
Le fondateur des Arts Florissants a su à travers une scénographie soignée ( création d'alcôves musicales au sein du parcours muséal)  démontrer que l'oeuvre du maître Valenciennois  est une véritable invitation aux rapprochements des arts : " WATTEAU, LA LEÇON DE MUSIQUE ".





 L'oeuvre de Watteau évoque une société de plaisirs qui se se nourrit du chuchotis de conversations, du bruissement de la nature, de paroles suspendues, de sérénades impromptues ...aussi, ses peintures, dessins et gravures possèdent une musicalité unique (le tiers de ses oeuvres traitent de fait de ce sujet ! ).




 Quelques uns des chefs d'oeuvre exposés à Bruxelles reviennent à ma mémoire ... permettez-moi de vous les présentez en image !

. Vers 1713-1714 : " La partie carrée ", Musée des Beaux Arts de San Francisco (1ère illustration) ... la musique entre en scène pour servir les jeux de l'amour (tout un programme traité magistralement par l'artiste).

 . Vers 1715-1717 : " Flûtiste vu en buste ", Cambridge - The Fitzwilliam Museum ... cette très belle sanguine nous rappelle la passion dévorante de l'artiste pour le dessin ( il dessinait tout le temps aux dires de son biographe ! ).

. Vers 1717-1718 : " Les deux cousines ", Paris - Musée du Louvre ...cette composition asymétrique possède une magie somme toute intemporelle !

. Vers 1712-1714 : " L'enchanteur ", Troyes - Musée des Beaux Arts ... La musique devient une nouvelle fois une invitation au libertinage !

. Vers 1717 : " Guitariste assis ", Rouen - Musée des Beaux Arts ... ce thème cher à Watteau s'explique par le fait que cet instrument est la mode à la cour du Roi Soleil (Louis XIV pratiquait lui même de cet instrument).

. Vers 1719-1720 : " La déclaration attendue ", Angers, Musée des Beaux Arts ... une toile ou le temps semble suspendu ( a admirer ci dessous).



 Un conseil : Pour profiter vous aussi de ce moment de pur délectation, je ne peux que vous inciter à embarquer pour Bruxelles (même si l'embarquement pour l'île de Cythère est resté  à Paris ! )  ... les occasions d'admirer des toiles Watteau sont rares surtout lorsque l'on sait qu'il peignait avec de l'huile siccative (huile séchant vite ayant le désagrément d'être de mauvaise qualité et de supporter difficilement les déplacements ! ).








dimanche 28 avril 2013

" HOMMAGE à ZAO WOU - KI : Il suffirait d'un signe ".



ZAO WOU- KI, figure emblématique de l'art du XX ème siècle vient de tirer sa révérence à l'âge de 93 ans.

Permettez - moi de rendre hommage à ce magicien de l'art abstrait qui a su pendant plus de 60 ans nous émerveiller à travers des peintures à l'huile, aquarelles et encres de chine ... d'une puissance inégalée !

Cet artiste de génie qui inventa un monde qui fit rimer abstraction avec émotion mérite plus que tout autre de rejoindre un univers ou les signes (véritable marque de fabrique) seront ses compagnons pour l'éternité.

Merci l'artiste.

samedi 2 mars 2013

Exposition : " HIROSHIGE, L'ART DU VOYAGE " à la Pinacohèque de Paris.

 Le rendez-vous auquel nous convie la Pinacothèque de Paris (en partenariat avec le musée de Leyde) est une une occasion rare de pénétrer dans l'univers d'Hiroshige (1797-1858), l'un des maîtres de l'estampe japonaise.
Considéré à juste titre comme l'égal d'Hokusai (l'auteur de la célèbre vague), le maître d'Edo a marqué l'art de l'Ukyio-e à bien des égards.


* LE MAÎTRE  DES SÉRIES
Cet artiste originaire d'Edo, ancien nom donné à Tokyo, nous a laissé quelques 1200 estampes (chefs-d'oeuvre à part entière) regroupées dans des séries qui sont de véritables invitations au voyage ...

. Le TOKAIDO ou route de la mer de l'est (53 étapes reliant Edo à Kyoto sur une distance de 488 kilomètres) nous fait découvrir une route mythique pour tout un peuple : je vous laisse à ce sujet admirer quelques morceaux choisis !



 . Le KISOKAIDO, cette route intérieure relie elle aussi ces deux villes à travers 69 relais synonymes de paysages sublimés !




 . Les 100 VUES D'EDO nous restituent quant à elles de manière magistrale la renaissance d' une ville après l'incendie dévastateur de 1657 (Edo fut détruite à 60% et compta 180 000 victimes) ... pour l'occasion le maître abandonna ses traditionnelles compositions horizontales au profit de la verticalité : une véritable petite révolution en soi !

* UN ARTISTE SÉDENTAIRE QUI NOUS FAIT VOYAGER 
Cet artiste de génie a su magnifier comme nul autre les paysages du Japon ..  sans se déplacer lui même (ce qui est en soi un véritable exploit).
Pour relever ce défi,  il sut intelligemment s'appuyer sur un guide de voyage écrit en 1805 " LE KISOJI MEISHO ZUE " et retranscrire de manière singulière les montagnes, les collines, les fleuves, les routes, les ponts et autres merveilles du pays du Soleil Levant.



 * UN ORFÈVRE DANS L'ART DE REPRÉSENTER LES CHANGEMENTS ATMOSPHÉRIQUES
Celui dont le patronyme signifie " l'atelier de mon propre divertissement " sut enfin mieux que quiconque saisir les instabilités climatiques ... ses estampes parviennent à nous restituer avec un réalisme inégalé la neige, la pluie, la brume matinale et le vent (admirez à ce sujet la 2ème illustration intitulée violente bourrasque venue de la mer).

UN CONSEIL : Précipitez-vous avant le 17 mars pour vous immerger dans ces paysages sublimés d'un japon paradisiaque !

samedi 16 février 2013

Exposition : " L'ART EN GUERRE EN FRANCE - 1938/1947 " Au Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris.

 Le musée d'art moderne de la ville de Paris nous entraîne pour quelques heures encore (fin des réjouissances demain soir ! ) à la rencontre de " L'ART EN GUERRE EN FRANCE - 1938/1947 ".
Ce rendez-vous majeur réunit près de 400 oeuvres de plus d'une centaine d'artistes faisant raisonner ces mots de Picasso : " Non la peinture n'est pas faîte pour décorer les appartements. C'est un instrument de guerre offensive et défensive contre l'ennemi ".

* CRÉER POUR RÉSISTER ... L'ADAGE D'UNE MAJORITÉ D'ARTISTES
Cette période troublée de l'histoire de France, dominée par l'Occupation a généré en réaction un élan artistique sans précédent ... Artistes de renom ou anonymes ont tenté à travers leur art de conjurer le sort.

En recréant l'atelier de Picasso rue des Grands Augustins (à Paris), le M.A.M démontre que celui qui était considéré comme un artiste dégénéré (par les forces occupantes), redoublait contre toute attente de créativité et ripostait en multipliant les chefs d'oeuvre : " Portrait de Marie Thérèse accoudée" (1939 - Collection Particulière ... à admirer ci dessous), " Nu " (1941 - M.A.M Belfort),  " Aubade " (1942 - Centre Pompidou ... joyau que vous pouvez contempler ci dessus ", " Buffet - Nature morte aux verres et cerises " (1943 - The Menil Collection Houston), " L'homme au mouton " (1943/1944 - bronze du Philadelphia Museum of Art) sont venus nous rappeler tout le génie du Maître Catalan !



 A la même époque la galerie Jeanne Bucher située boulevard du Montparnasse (à Paris) incarnait une rare mais authentique bouffée d'oxygène en défendant ceux qui étaient privés de visibilité ... Ernst (je vous invite à vous délecter de Fuite, chef d'oeuvre de 1940 appartenant à une collection particulière), Freundlich,  ainsi que deux figures émergentes Kandinsky (comment ne pas succomber à cet hymne à la vie incarné par Complexité simple, oeuvre de 1939 appartenant au Centre Pompidou ! ) et Nicolas de Staël ont pu bénéficier de la protection de cette Alsacienne qui voyait en l'art un acte de résistance !




















 Parallèlement dans l'enfer des camps, nombre de déportés se consacraient à la création pour échapper à leur quotidien et tenter de renouer avec l'humanité ... ces oeuvres bricolées avec des moyens de fortune (à l'image de ces boîtes d'allumettes transformées en cachots miniaturisés) côtoyaient des toiles d'un réalisme saisissant " Dans le camp " (1940 ) de Félix Nussbaum nous révèle l'insoutenable (témoignage bouleversant appartenant au Stifkung Deutsches Historisches Museum Berlin laissé par un artiste juif qui devait mourir dans un camp de la mort)




 * COLLABORER POUR UNE MINORITE ...
 Plusieurs figures de la scène artistique des années 40 ( et non des moindres ! ) ont cédé aux " chants des Sirènes " en pactisant avec l'occupant.
L'exemple le plus marquant en la matière s'apparente au voyage de propagande en Allemagne (fin d'année 1941) auquel ont participé Derain, Friesz, Vlaminck et Van Dongen ... un cliché tristement célèbre nous rappelle cette heure peu glorieuse !
Dans le même temps, Maillol et Cocteau rendaient hommage au musée de l'Orangerie (1942) au  " talent " d'Arno Breker ... sculpteur fétiche d'Hitler (sans commentaire ! ).


* AVEC LA LIBÉRATION ... UN ART LIBÉRÉ
Après 6 ans de conflit, la France veut juguler le traumatisme en mettant à l'honneur un art résolument moderne, libéré de la censure et du diktat !
Si Picasso apparaît comme la figure incontournable de cette période en raison de sa résistance artistique, nous assistons dans le même temps à la consécration de deux figures de l'art Chagall, incarnation du renouveau de l'art sacré ... son triptyque " Révolution " (1937/1948) est un véritable enchantement en la matière.

Matisse profite lui aussi de cet atmosphère de liberté et signe "Jazz " (1947 - Musée départemental Matisse au Cadeau Cambrésis) ... véritable ode à la vie (sublime ! ).

Cet après guerre permet aussi et surtout à une nouvelle génération d'artistes de faire table rase du passé en permettant le triomphe de l'abstraction (nous sommes loin de cet art jadis brancardé comme art dégénéré ! ) avec comme chef de file Soulages.
Dans le même temps Dubuffet commence à " révolutionner " l'art en battant en brèche l'idéal de beauté ... une autre histoire de l'art est alors en train de s'écrire !


UN CONSEIL : Précipitez-vous pour profiter de cette exposition fleuve ( et c'est peu que de le dire) qui mérite toute votre attention ... un événement marquant à bien des égards !

jeudi 24 janvier 2013

Exposition : " IMPRESSIONNISME, Sensation et Inspiration - Chefs d'oeuvre de l'Ermitage " à l'Hermitage Amsterdam.


 Le musée de l'Hermitage à Amsterdam nous convie pour quelques heures encore (jusqu'au 27 janvier inclus) à découvrir un florilège de la collection impressionniste du musée éponyme de Saint Pétersbourg.

 Ce rendez-vous exceptionnel (ce n'est pas tous les jours que ces joyaux quittent leurs cimaises Russes ! ) nous permet de redécouvrir les artistes majeurs de la sphère impressionniste à travers plusieurs de leurs toiles emblématiques ...



. MONET nous illumine avec " Femme au jardin " (1867), oeuvre de jeunesse qui dialogue avec " l'étang à Montgeron " (1876) : sublime !

 . SISLEY nous éblouit avec ses " Berges de rivière à Saint Mammès " (1884) ... le maître de Moret signe là un de ses plus beaux ciels !


 . PISSARRO démontre son talent de paysagiste avec  sa " Place du Théâtre Français " - 1898 (aujourd'hui place André Malraux) ... quel instant de bravoure que ce ballet d'omnibus saisi depuis une chambre d'hôtel !



 . RENOIR n'est pas en reste en apparaissant comme le portraitiste par excellence de ce groupe qui révolutionna la peinture à la fin du XIX ème siècle ... " Jeune femme à l'éventail " (1880) continue de nous interpellé !


 . CÉZANNE atteint des sommets avec " Bords de la Marne " (1888/1890) et " le Fumeur " (1890/1892) ... deux toiles d'une facture résolument moderne !


 

. GAUGUIN nous fait voyager avec " Ou vas-tu ? - la femme au fruit " (1893).


 Le musée Hollandais réussit en outre à démontrer que les impressionnistes sont apparus à une époque ou le dialogue entre les arts était perceptible ...
Alors que RODIN nous émerveille avec " l'éternel printemps " (1897), DEBUSSY nous ensorcelle avec son " Prélude à l'après midi d'un faune " : nous ne pouvions rêver mieux !





UN CONSEIL : Si d'aventure vous faîtes une escapade à Amsterdam en cette fin de semaine ... faîtes un petit détour du coté de l'Hermitage : l'art avec un grand A vous attend !









dimanche 20 janvier 2013

Exposition : " NIGERIA, ARTS DE LA VALLEE DE LA BENOUE " Au Musée du Quai Branly.


Le Nigéria, pays le plus peuplé d'Afrique avec plus de 162 millions d'habitants, est traversé par la Bénoué (affluent du fleuve Niger), foyer d'une intense création artistique.
Le Musée du Quai Branly nous offre une occasion rare de partir à la rencontre de cette culture fascinante à travers 150 sculptures et masques ... qui nous rappellent par la même occasion l'incroyable apport de l'Afrique dans le domaine des arts.

Partons ensemble à la rencontre du  NIGERIA, ARTS DE LA VALLÉE DE LA BÉNOUÉ  et " laissons nous gagner par la magie (propos de Jacques Kerchache, inspirateur du M.Q.B).

* La statuaire IDOMA
Cette ethnie de la Basse Bénoué nous transporte dans un univers de " Maternités " (Sculptures de femmes assises) et de masques (voir ci dessous) ...symboles d'une culture ancestrale.



* La statuaire JUKUN
Ce peuple qui fait le lien entre la Basse et la Moyenne Bénoué est l'auteur de magnifiques sculptures en bois qui continuent de nous déconcerter à l'image de cette extraordinaire figure masculine dont l'origine semble remonter à plus de 300 ans !

* La statuaire MUMUYE
Cette population qui vit dans la région de la moyenne Bénoué nous a laissé de splendides sculptures de facture abstraite aux formes longilignes.

* La statuaire CHAMBA
Un artiste Chamba, en l'occurrence Soompa (reconnu dans les années 1920-1940) a signé de véritables chefs d'oeuvre à l'image de ces " statues colonnes doubles " représentant un couple marié reposant sur un seul socle de hanches et une seule paire de jambes (voir ci-contre).


Vous l'aurez compris, cette exposition est un véritable voyage dans le temps et dans l'espace ou les rites et les coutumes sont omniprésents ... Fin des réjouissances le 27 janvier !