lundi 28 juin 2010

Exposition : " UNE VILLE POUR L'IMPRESSIONNISME : MONET, PISSARRO et GAUGUIN A ROUEN " au Musée des Beaux Arts de Rouen.

Dans le cadre du Festival Normandie Impressionniste, 130 chefs d'oeuvre du Monde entier sont venus nous rappeler la fascination qu'exerça Rouen à la fin du XIX ème siècle.

La Capitale Normande attira dans son sillage de grands noms de l'impressionnisme (Monet, Pissarro, Gauguin) à la recherche d'un lieu alliant MAJESTÉ DU SITE, RICHESSE ARCHITECTURALE et PAYSAGE INDUSTRIEL.
Ces artistes vinrent entre 1872 et 1898 à la rencontre de la Ville aux 100 Clochers (ma ville natale ...) pour "magnifier" cet endroit et lui permettre d'incarner UN LIEU EMBLÉMATIQUE DE LA PEINTURE MODERNE !

* Monet (qui passa son enfance au Havre) sut capter avec un talent incomparable la beauté de la Seine ... l'artiste nous peint ce fleuve comme une mer sous des ciels sublimés : Sa " Seine à Rouen peinte " en 1872 (aujourd'hui au Musée Shizuoka au Japon) est une véritable invitation au voyage aux longs cours !
L'artiste reviendra en 1892 et 1893 pour nous laisser l'un des plus beaux cycles de l'histoire de la peinture : " LA SÉRIE DES CATHÉDRALES ". Ce qui fut perçu par son auteur comme un chantier titanesque nous est aujourd'hui restitué dans toute sa splendeur grâce aux 11 vues (sur les 30 peintes à l'époque) qui ont fait le voyage ...
Le maitre , qui inventa l'impressionnisme en Terre Normande avec sa vue du Port du Havre " impression soleil levant ", sut retranscrire comme nul autre sur la toile la façade occidentale de l'une des plus belles Cathédrales Gothiques (désolé pour le chauvinisme !) en fonction de des fluctuations de la lumière du jour. Il sublima ainsi ce vaisseau de pierre auquel il donna un langage purement personnel : " effet du matin ", "effet du soleil " , " harmonie (blanche, bleu et or, grise, brune) ".
Face à une telle confrontation que l'on peut qualifier de véritable " Révolution " picturale pour reprendre la formule de Georges Clémenceau ( grand ami du peintre), je reste sans voix ...
Comment ne pas être " terrassé " par la force qui se dégage de cet ensemble unique !
Quelle délectation que de pouvoir admirer le temps d'une exposition " Portail de la Cathédrale de Rouen, effet du matin " (du Getty Museum de Los Angeles ...voir 1ère photo !), " Portail de la Cathédrale de Rouen, soleil " (du Museum of Fine Arts de Boston), " La Cathédrale de Rouen " (Musée Narodni à Belgrade) et ce à coté de variantes qui font la fierté d'institutions hexagonales (Orsay, Marmottan).


* Pissarro fut lui aussi subjugué par la beauté du lieu qu'il immortalisa lors de 4 séjours.
En 1883, il peignit plusieurs endroits emblématiques de la ville ( le cours la Reine, la cote Sainte Catherine, la place Lafayette, vue des berges de la Seine).
Sa " Place Lafayette, Rouen " de la Courtauld Gallery à Londres (voir ci dessus en photo !) continue de me fasciner tant la charge émotionnelle est importante !
L'artiste qui vit " Rouen aussi belle que Venise " revint en 1896 et 1898 pour trouver de nouveaux sujets à offrir à Durand-Ruel (Marchand d'art défenseur des impressionnistes) qui désirait organiser une exposition en son honneur dans sa galerie.
De là, jaillira sa " SÉRIE LES PONTS DE ROUEN " : Une grande partie des 15 toiles peintes à l'occasion sont venues nous éblouir à l'image du " Pont Boieldieu à Rouen, soleil couchant " (1896) du Museum and Art Gallery de Birmingham ( Une splendeur à admirer ci dessous !) et du " Pont Boieldieu, Rouen, Effet de Brouillard " de la Collection Perez Simon de Mexico (1898).
Pissarro s'attacha aussi à rendre hommage au paysage industriel à travers des toiles mettant en scène les quais et les docks : " Quai de la bourse, Rouen, soleil " (1898) de la collection Linda Gale Sampson et " la Seine à Rouen, Saint Sever, fumées " (1896) du M.E.T à New York n'ont pas fini de m'émouvoir !


* Gauguin, qui perdit son emploi d'agent de change, vint avec femme et enfants à Rouen en 1884 (sur les conseils de son ami Pissarro) avec l'espoir de pouvoir vivre de son nouveau métier ...
"Cet artiste qui se cherche " nous laissa une trentaine de tableaux (pour la plupart des paysages et des vues du quartier Beauvoisine) qui traduisent une vision ralentie de la ville ... ce qui tranche avec le travail de ses illustres confrères !
" Rue jouvenet à Rouen " de la Fondation Carmen Thyssen Bornemisza à Madrid nous apparaît comme un petit joyau que je vous invite à admirer ci dessous !



* Si Rouen suscita l'engouement d'illustres représentants de la peinture en plein air , elle fut aussi à l'origine d'une véritable école de peinture " L'ÉCOLE DE ROUEN " qui connut son heure de gloire au cours des années 1880-1890 grâce à quatre artistes locaux : Léon Jules Lemaitre (Ses tableaux à dominante de gris constituent un hommage appuyé à la ville de mon enfance ... son " Pont Corneille , temps de pluie " (1891) du Musée des Beaux Arts de Rouen est tout simplement sublime (illustration ci dessous) : l'artiste réussit à rendre palpable l'averse qui se répand sur la ville !) ; Joseph Delattre (ses " Wagons sur le quai à Rouen, effet gris " - collection particulière, sont divins !), Charles Fréchon (cet artiste revisite le pointillisme dans ses oeuvres à l'image de " Rouen, le pré-aux-loups " (1893-1894) du musée de Louviers) et Charles Angrand.



Grâce à rendez vous exceptionnel, une Ville aux attraits incomparables (mais bien souvent occultés) a su retrouver la voie de la lumière (il s'agit là d'une juste réhabilitation) ...
Pissarro avait raison d'affirmer à son époque " TOUT DE MÊME LES GRIS SONT BIEN BEAUX A ROUEN ".

dimanche 20 juin 2010

Exposition : " Jean Antoine HOUDON : La Sculpture Sensible " Au Musée Fabre à Montpellier.

Le musée Fabre de Montpellier rend hommage en ce printemps-été 2010 à l'un des plus grands sculpteurs du Siècle des Lumières : Jean Antoine HOUDON (1741-1828).

Cet artiste , prix de Rome en 1761, étudia pendant sept ans durant son séjour dans la Ville Éternelle, les oeuvres de l'Antiquité et les artistes de la Renaissance. De retour à Paris, il devint très vite un portraitiste des plus recherchés sans toutefois délaisser les sujets religieux, mythologiques et historiques.

L'exposition organisée en partenariat avec le Liebieghaus Skulpturensammlung de Francfort sur le Main, tend à restituer dans un premier temps la démarche novatrice de l'artiste : UN TRAITEMENT MODERNE DES SUJETS ALLÉGORIQUES.
De fait, le musée Fabre qui possède deux des travaux les plus connus de Houdon " l'hiver dite la Frileuse " et " l'été "( toutes deux en marbre ) a obtenu le prêt de la version en bronze de la frileuse détenu par le M.E.T.
Cette confrontation exceptionnelle ( il s'agit là d'un doux euphémisme ... je vous laisse imaginer le bonheur de pouvoir admirer ensemble ces joyaux de la sculpture) nous permet de restituer l'histoire de ces deux oeuvres emblématiques.

* " L'hiver dite la Frileuse "
Ce chef d'oeuvre qui date de 1783 (voir détail ci dessus) fut victime d'une véritable censure en raison de la sensualité qu'elle dégageait ... Si le sculpteur recouvre la tête de la jeune fille et s'inscrit par ce geste dans la tradition médiévale de la Piéta, il lui dévoile les fesses !
Ce parti pris novateur teinté d'érotisme ne pouvait que susciter la désapprobation des tenants de la tradition à commencer par le Directeur de l'Académie Royale.
Loin de se décourager, Houdon déclina son oeuvre sous différentes versions dont celle en bronze qui fut fondue dans son atelier en 1787 et ciselé par sa main (voir avant dernière photo). Cette version a appartenu au Duc D'Orléans, le Futur Philippe Égalité de la Révolution, avant de rejoindre les cimaises du M.E.T à New York.

* " l'été "
A la posture recroquevillée de l'hiver répond la majesté solaire de l'été.
Ce marbre exécuté en 1785 (voir 3ème illustration) possède les attributs de la Déesse Cérès (faucille et gerbe de blé) et constitue elle aussi une allégorie des Saisons.
Si elle fut sculptée comme son pendant l'hiver pour le compte de Monsieur de Saint Waast (Conseiller Secrétaire du Roi), elle vint elle aussi rejoindre le fonds du musée Fabre dès son ouverture (1828) grâce à la générosité d'un Mécène, Monsieur Creuzé de Lesser.

Cette magnifique exposition s'est attachée dans un second temps à TRADUIRE LE GÉNIE DE HOUDON DANS L'EXÉCUTION DE PORTRAITS A TRAVERS DIFFÉRENTS MATÉRIAUX (Plâtre, Terre cuite, Marbre et Bronze).

Ce Portraitiste émérite immortalisa les traits des personnalités marquantes de la vieille Europe et de la jeune Amérique en transcrivant comme nul autre le caractère et l'esprit de ses modèles (et c'est en cela qu'il fut un sculpteur génial et qu'il se différencia de ses Contemporains !).

Parmi la quarantaine d'oeuvres qui sont venues nous éblouir, certaines m'ont plus particulièrement émues :

* " le buste d'Anne Ange âgée de 15 mois (plâtre de 1791) "
La plus jeune fille de l'artiste dont le portrait est conservé au Louvre permit à son auteur de vendre de nombreuses copies de son sujet ... il est vrai que cette tête d'enfant est tout simplement sublime !

* " le buste en plâtre de Turgot ( collection particulière) "
Houdon nous livre à travers ce portrait du Ministre de Louis XVI, un témoignage qui traduit l'intelligence et l'autorité du modèle ... agrémenté d'un magnifique habit à la Française._

* " le portrait du compositeur allemand Gluck (1775 - Musée de Weimar) "
L'artiste a réussi (à travers ce plâtre imitant le bronze) a nous immortalisé le génie du musicien " chevelure ébouriffée " tout en nous le rendant profondément humain " meurtri par les stigmates de la petite vérole " ... un visage que je vous invite à admirer avec la dernière photo !

* " le buste en marbre du Comte de Cagliostro (1786 - Musée Granet à Aix en Provence) "
Cet aventurier qui fascina l'Europe des années 1780 nous est rendu au sommet de sa gloire " un homme habité par une force supérieure " (quel regard tourné vers le ciel ! ) ... avant que l'affaire du collier de la Reine ne cause sa perte !
Une deuxième version (elle aussi en marbre) existe à la National Gallery de Washington.


* " le portrait en marbre de Voltaire (1778 - Musée des Beaux Arts d'Angers) "
En faisant poser le célèbre Philosophe Français un mois avant sa mort, Houdon nous laisse pour l'éternité l'image d'un vieillard au regard attendrissant ... sculpté tête nue avec un modelé très doux ( du très grand art que je vous invite à regarder avec la deuxième photo !).

Vous l'aurez compris, ce rendez vous fut un moment rare que je souhaitais vous relater.
Je conclurais cet article par une citation du grand sculpteur, laquelle résume l'engagement de son auteur :
" C'EST LA NATURE DANS TOUTE SA NOBLESSE, SA PARFAITE SANTÉ QUE NOUS CHERCHONS, OU SINON, NOUS NE SOMMES QUE DE CHÉTIFS IMITATEURS ".



dimanche 13 juin 2010

Exposition : " WILLY RONIS, Une Poétique de L'Engagement " A la Monnaie de Paris.

A l'occasion du centenaire de la naissance de Willy Ronis et moins d'un an après sa disparition, la Monnaie de Paris rend un hommage appuyé à ce grand nom de la photographie.

Cet artiste qui fut un chantre de la PHOTOGRAPHIE HUMANISTE (reconnaître à l'individu une place prépondérante) nous a légué une oeuvre des plus riches et des plus variées qui traduit un réel engagement au sens le plus noble.
"PARIS JE T'AIME ... "
Willy Ronis arpenta avec son Rolleiflex la Capitale pour nous livrer des images capturées sur le vif (une véritable spécificité pour cet artiste !). Il nous reste aujourd'hui et ce grâce à la donation qu'il fit à l'état Français (en 1983) une oeuvre emprunte de POÉSIE.
Ses RUES de Paris à l'image de celles du Quartier de Belleville-Ménilmontant (immortalisé entre 1947 et 1951) sont un précieux témoignage d'un monde de l'après Guerre aujourd'hui disparu ...
Je ne me lasse pas d'admirer des clichés tels :
* " Le petit parisien " (1952) ... cet enfant saisi en pleine course, une baguette à la main, est un pur enchantement (voir dernière photo ! ).
* " Gosses à Belleville " (1959) ... nostalgie quand tu nous tiens !
* "La péniche aux enfants "(1959) ... quand le hasard vient en aide à l'artiste on obtient un chef-d'oeuvre !
* " Avenue Simon Bolivar " (1950) ... L'artiste a réussi a saisir l'instant ou une mère descend un escalier alors que surgit au même moment une charrette conduite par un cheval (sublime !).
* " La place Vendome " (1947) ... le photographe toujours aux aguets a su immortaliser le reflet de la colonne Vendome dans une flaque d'eau et ce au moment ou une jeune femme passe ! (a admirer avec l'avant dernier cliché !).
* " Les amoureux de Bastille " (1957) ... Avec ce cliché, l'artiste signe comme Doisneau avec son Baiser de L'hôtel de Ville une de ses oeuvres emblématiques (voir illustration ci dessus !).

" LE DÉFENSEUR DU MONDE OUVRIER "
Willy Ronis fut aussi un artiste engagé (fait souvent occulté !) qui s'identifia à un Militant Communiste. A ce titre , il s'attacha à dépeindre le Monde Ouvrier et les Crises Sociales dont il fut le Témoin.
* " Son portrait de la femme syndicaliste haranguant ses collègues lors de la grève de 1938 chez Citroen Javel est un pur chef-d'oeuvre "(voir 1ère photo ! ).
* " De même, son portrait de mineur pris à Lens en 1951 se veut un pamphlet contre l'injustice sociale ... je ne suis pas prêt d'oublier le visage de cet homme noirci par le charbon !
" UN VOYAGEUR INFATIGABLE "
Ce grand photographe français qui était polyglotte et cultivé entrepris divers Voyages à l'étranger (Belgique, Pays-Bas, Londres, Italie, New York, La Réunion ... sans oublier sa découverte de pays du bloc de l'est en pleine Guerre Froide : Moscou, Prague, RDA) dont il rapporta un grand nombre de tirages.
Mes coups de coeur en la matière vont :
* " Les petits Napolitains " (1938) ... ce groupe de chérubins jouant est l'incarnation de l'innocence de l'enfance !
* " Les Fondamente Nuove, VENISE " (1959) ... une photo magique pour un lieu mythique et intemporel !


" UN ESTHÈTE DU NU "
Willy Ronis s'attacha à nous livrer des images de nus tout en douceur et pudeur à l'image de son célèbre " Nu Provençal " (1949) ... Il saisit tel un magicien l'instant ou sa Femme se Rafraîchit par une chaude journée d'été dans leur propriété de Gordes dans le Vaucluse.
"UN PORTRAITISTE DE L'INTIME "
S'il sut immortaliser sa Femme, son Fils, ses Amis (tel Capa) ou ses Rencontres ( Sartre, Prevert, Brassai) avec une poésie somme toute coutumière ... il multiplia aussi tout au long de sa longue carrière les Autoportraits (plus d'un par an en moyenne depuis 1927 !) dont " l'autoportrait aux flashes " pris en 1951.




Un Conseil : Partez à la rencontre de la " Photographie dite Humaniste " pour découvrir quelques unes des plus belles pages de l'histoire de la photographie moderne (Ronis, Doisneau, Brassai, Isis ...).


samedi 12 juin 2010

Exposition : " YVES SAINT - LAURENT " Au Musée du Petit Palais à Paris.

Le musée du Petit Palais à Paris nous présente grâce au concours de la Fondation Pierre Bergé-Yves Saint Laurent la première rétrospective consacrée à l'oeuvre d'Yves Saint- Laurent.
Ce rendez vous exceptionnel célèbre plus de 40 ans de création (1958-2002) qui ont révolutionné le monde de la Haute Couture.UN PARCOURS HORS DU COMMUN :
Après avoir fait ses premières armes chez Dior (en tant qu'Assistant puis Créateur après la mort de Christian Dior), Yves Saint Laurent fonde dés 1961 (aidé de Pierre Bergé, son Compagnon) sa propre maison de Haute Couture (qui regroupera 5 Ateliers et 130 ouvrières !) ... Il s'emploiera dès lors a donner ses Lettres de Noblesse à " UN METIER QUI N'EST PAS TOUT A FAIT UN ART MAIS QUI A BESOIN D'UN ARTISTE POUR EXISTER " (Formule énoncée par le Couturier lors de son ultime défilé en 2002).

UN STYLE UNIQUE :
Cet artiste n'aura de cesse d'inventer un style inimitable visant à affirmer l'avènement de la Femme Moderne : " une Femme libérée des diktats vestimentaires ".
Pour répondre à ce dessein, le couturier empruntera au vestiaire masculin le Smoking, le Tailleur Pantalon et la Saharienne pour véritablement révolutionner la garde robe féminine.
Dans le même temps , YSL travaillera à l'image d'un sculpteur sur les transparences pour mieux souligner la sensualité de la femme ... voir avant dernière illustration !
Le créateur tel un un peintre fera surgir des combinaisons de couleurs pour le moins insolites : "rose pétant/jaune citron", "bleu/noir", "bleu azur/turquoise", "violet/rouge"... mais continuera a privilégier le Noir, sa couleur fétiche !

DES SOURCES D'INSPIRATION MULTIPLES :
Yves Saint- Laurent saura s'inspirer de la RUE (la collection Scandale 1971) mais aussi de SES VOYAGES IMAGINAIRES (Russie, Chine, Inde, Espagne, Japon, Afrique et Maroc), de SON AMOUR DE L'ART ET DE LA LITTÉRATURE (Mondrian, Picasso, Matisse, Van Gogh, Aragon, Cocteau ...) pour incarner une oeuvre qui allie élégance et beauté.



DES CHEFS D'OEUVRE POUR L'ÉTERNITÉ :
La Fondation Pierre Bergé - Yves Saint Laurent créée en 2002 possède un fonds exceptionnel (5000 vêtements et 15000 accessoires) dont 307 sont venus nous éblouir.
Parmi le florilège réuni en ce printemps 2010 je retiendrais :
* " la robe hommage à PIET MONDRIAN " créée en 1965 ... sobriété et raffinement à admirer en photo (la 3ème).
* la collection AFRICAINE " les robes Bambara " de 1967 ... l'exotisme porté à son zénith !
* " les modèles de la collection OPÉRA - BALLETS RUSSES " de 1976 ... le plus beau souvenir d'YSL !
* " La veste hommage à ARAGON " LES YEUX D'ELSA " de 1980 ... quand la poésie est portée aux nues ( voir 2ème photo).
* " les vestes brodées d'après LES TOURNESOLS ET LES IRIS DE VAN GOGH " de 1988 ... 800 heures de travail furent nécessaires pour restituer les effets de la toile (voir 1ère photo).


Je conclurais cet article en soulignant l'attachement d'Yves Saint-Laurent au " COEUR " dessiné par le parurier Roger Scemama (en 1962).
Ce bijou accompagnera chacun des défilés d'YSL tel un talisman qui entérine l'attachement du couturier à l'égard des Femmes : " CHAQUE COLLECTION EST UNE NOUVELLE HISTOIRE D'AMOUR ".



dimanche 6 juin 2010

Exposition : " FEMMES PEINTRES AU TEMPS DE PROUST, De Madeleine Lemaire à Berthe Morisot " Au Musée Marmottan.

Le musée Mamottan à Paris nous invite à vous replonger dans l'atmosphère des Salons Parisiens des Années 1900.

Cette époque, véritable "Âge d'Or", permettait à des Femmes du Monde à l'image de la Princesse Mathilde (Cousine de l'Empereur Napoléon III), de la Princesse Edmond de Polignac (héritière de l'inventeur de la machine à coudre, mariée au Prince de Polignac), de Marguerite de Saint-Marceaux (épouse du sculpteur René de Saint- Marceaux) et de Madeleine Lemaire (égérie d' Alexandre Dumas Fils mais aussi peintre de talent ...) de réunir autour de leurs Noms les Personnalités les plus en vue de leur Temps : Musiciens, Écrivains, Acteurs, Peintres et Hommes Politiques se côtoyaient au sein de leurs Salons ou Ateliers. (voir dernière photo !).

Ce "Tout Paris Mondain " fut souvent immortalisé sous la plume de Marcel Proust, lequel fréquentait assidûment ces Salons.



Cette époque, aujourd'hui révolue, fut aussi celle qui permis aux Femmes Peintres de gagner progressivement leur indépendance et d'acquérir la reconnaissance de leur talent.

Si ROSA BONHEUR (1822-1899) et BERTHE MORISOT (1841-1895) sont de nos jours reconnues, nombre d'autres artistes féminines (reconnues en leur temps) mais injustement tombées dans l'oubli ... ont du attendre ce rendez-vous du printemps 2010 pour connaître une véritable " RÉHABILITATION ".


* MADELEINE LEMAIRE ( 1845-1928) :

Cette artiste nous a laissé de magnifiques portraits de femmes célèbres ... Actrices, Cantatrices, Femmes du Monde de la Belle époque furent ainsi transposées sur la toile grâce à son coup de pinceau de génie (et c'est peu dire en la matière !).

Parmi ses innombrables chefs- d'oeuvre, " les Portraits de Jeanne Granier, de Réjane, de Marie de Bénardaky, de Jane Hading, Marie Renard à la fenêtre du château de Réveillon (propriété de l'artiste), de Madame Isaac Singer " ... et son tableau intitulé " les Fées (Ces 2 femmes à 2 âges de la vie sont tout simplement sublimes) " nous ont transporté dans un univers enchanté.
Cette grande Portraitiste fut aussi qualifiée d'' Impératrice des roses" tant elle excellait dans l'art de représenter les Bouquets ... " Ses Hortensias bleus " (voir ci dessus et ci dessous ) me laissent sans voix !

Anatole France lui rendit le plus bel Hommage en déclarant : " Elle possède cette main divine qui répand les roses avec leur rosée ".




* LOUISE ABBEMA (1853-1927) :

Cette " amie intime " de Sarah Bernardt fut elle aussi une Portraitiste de Renom à qui l'on doit notamment " le très beau portrait de son amie tragédienne " (voir 2ème illustration) sans oublier son " Magnifique Portrait de Madame B*** "(Du grand art !).



* LOUISE BRESLAU (1856-1927) :

Cette peintre de talent s'attacha à dresser le portrait des femmes de de la Haute société en intégrant à sa manière les leçons de quelques illustres confrères ...

Avec " Son Portrait de Madeleine Cartwright (riche mécène Américaine) ", Louise Breslau démontre qu'elle fut une Portraitiste de la Jet Set à l'égal de Sargent.

De même, son magnifique pastel intitulé " Portrait de Mademoiselle Potrel " (voir 1ère image) dénote l'héritage de Degas.

Vous l'aurez compris cette exposition fut un moment riche en découvertes et à permis de mettre en lumière un moment cléf de l'histoire de l'art : EN CETTE FIN DE XIX ème SIECLE, LES FEMMES ONT AFFIRME LEUR VOLONTE D'ETRE RECONNU A L'EGAL DES HOMMES EN OBTENANT UN STATUT D'ARTISTE A PART ENTIERE.




mercredi 2 juin 2010

Spécial : " Hommage à Louise Bourgeois (1911-2010) ".

La sculpture vient de perdre avec le décès de Louise Bourgeois, l'une de ses plus grandes ambassadrices.

Cette plasticienne née en France en 1911 et naturalisée Américaine à la suite de son mariage avec l'historien d'art américain Robert Goldwater (1938) nous a livré en plus de 60 ans de carrière une oeuvre féconde qui échappe à toute classification ... peut être en raison sa constante mutation ( c'est à mes yeux ce qui fait son originalité !).


Cette artiste a nous a légué une OEUVRE AUTOBIOGRAPHIQUE visant à exorciser des traumatismes remontant à l'enfance : " elle assista impuissante à l'installation de la maîtresse de son père au sein de la cellule familiale ". Devenue adulte, elle vit en l'art une forme de thérapie :" L'ART EST UNE GARANTIE DE SANTÉ MENTALE " se plaisait - elle à dire !

Dès lors elle fit jaillir : " Des Araignées Géantes symbolisant la mère " (voir ci dessous celle qui trôna au jardin des Tuilleries en 2008) , "Des Installations traduisant la destruction du père " ," Des Cellules incarnant l'enfermement domestique mais aussi la puissance de l'imaginaire ".
Parallèlement à une oeuvre empreinte de gravité, l'artiste nous livra tout au long de cette seconde moité de 20 ème siècle des créations pleines de POÉSIE à l'image de ses paysages anthropomorphiques délicieusement surnommés " Les Cumuls " (voir dernière illustration) ; elle s'illustra aussi en créant des oeuvres teintées d'EROTISME qu'elle rebaptisa avec une pointe d'humour " Fillette " (nom donné à un pénis sculpté ! ), " Janus Fleuri "(en référence à une divinité Antique).


En créant une sculpture toujours décalée, Louise Bourgeois sut s'imposer sur la scène internationale et être reconnue officiellement par ses pairs (primée à la Biennale de Venise en 1999 et visible à travers de nombreuses rétrospectives depuis les années 80 à l'image de celle que lui consacra le Centre Pompidou en 2008 ... un souvenir extraordinaire que j'ai encore en mémoire !)


Merci Madame Bourgeois de nous avoir invité à pénétrer dans votre monde oh combien attachant et unique (quel moment d'anthologie que cette vidéo ou vous parlez sans état d'âme de votre enfance, de votre soif de créer à plus de 90 ans !).
Grâce à vous et à une artiste de l'envergure de Camille Claudel ( et oui je ne l'oublie pas), LA SCULPTURE A APPRIS A SE CONJUGUER AU FÉMININ ... Chapeau l'artiste !